La nouvelle littéraire en Haïti
- Frenand Léger

- Dec 6, 2025
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État de la question
Malgré sa richesse et sa diversité, la nouvelle littéraire haïtienne n’a pas encore attiré l’attention de la critique académique. Il n’existe à l’heure actuelle aucune étude universitaire d’envergure consacrée exclusivement ou principalement à la nouvelle haïtienne. La quasi-totalité des manuels classiques d’études littéraires haïtiennes et des bibliographies passent sous silence le genre de la nouvelle. De tous les manuels scolaires, il n’y a que dans celui de Raphaël Berrou et Pradel Pompilus (1975, tome 1) que l’on trouve un minuscule chapitre de dix pages intitulé « Les conteurs » (1975, p. 179). Sachant que c’est au XX e siècle que le récit bref haïtien a acquis ses lettres de noblesse, il est étonnant de constater que le chapitre en question ne traite que de deux conteurs du XIX e siècle.
La Bibliographie des études littéraires haïtiennes : 1804-1984 de Léon-François Hoffmann (1992), fait complètement abstraction de la nouvelle haïtienne en tant que genre littéraire spécifique. Les rares articles critiques, de compte-rendu et d’analyse de nouvelles sont classés dans la catégorie des travaux sur le roman. Dans son ouvrage intitulé Le roman haïtien : idéologie et structure (1985), Hoffman établit une bibliographie des romans haïtiens dans laquelle il incorpore des recueils de nouvelles tels La facture du diable (1966) de Francis L. Séjour-Magloire, Paysage de l’aveugle (1977) d’Émile Ollivier, et Gens de Dakar (1978) de Roger Dorsinville. Hoffmann n’est pas le seul à avoir confondu la nouvelle haïtienne et le roman haïtien. Alix Émera inclut également des titres de nouvelles dans une liste de romans haïtiens publiée dans le numéro 106 de la revue Notre Librairie de juillet-septembre 1991. Dans l’ouvrage collectif dirigé par François Antoine Leconte, Robenson Bernard (2011) écrit un article auquel il donne le titre de « La Proie et l’Ombre: un roman intemporel » alors que La Proie et l’ombre n’est en fait que le titre sous lequel Jacques Roumain a regroupé en 1930 les quatre premières nouvelles qu’il avait publiées auparavant dans La Presse et Haïti-Journal. Les bibliographies des études littéraires haïtiennes accusent une absence quasi-totale de recherches substantielles portant sur le récit bref de fiction en général et sur la nouvelle en particulier.



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